UNE PETITE SAINTE-BAUME A ANGERS:

LE COUVENT DE LA BAUMETTE

"Je sçay des lieux à Lyon, à la Basmette, à Chaisnon et ailleurs, où les estables sont au plus hault du logis."

Rabelais (Livre 1)

 

 

'la Baumette, Photo P.Catala

 

Face au rocher de Pruniers, illustré par Gargantua, le roc de Chanzé occupait une position intéressante au-dessus de la Maine.

C'est ce site schisteux et pittoresque que le roi René a choisi en 1452 pour y faire excaver, en contrebas, le manoir de la Baumette, réplique de celui de la Baume qu'il possédait en Provence.

Il en fit don à son épouse Jeanne de Laval, qui l'affecta à la vie religieuse : des Cordeliers y furent installés pour une courte période en 1456, avant que les frères récollets ne lui donnent une nouvelle vie de 1596 à 1791.

Péan de la Tuilerie note que le roi René avait doté le couvent de précieuses reliques : un fragment de la vraie Croix, une épine de la couronne du Christ, la lance qui lui avait percé le côté, des vêtements et des cheveux de Marie-Madeleine.

On pouvait également y voir une statue du XVème siècle représentant le Ravissement de cette sainte, qui était disposée aux XVII et XVIIIèmes siècles dans une grotte creusée en souvenir de celle de la Sainte-Baume. Jetée à la Maine durant la Révolution, elle fut repêchée par des bateliers avant d'être abandonnée. Les bénédictines du Calvaire la recueillirent en 1820 : elle fut d'abord présentée allongée, comme un gisant, avant qu'on ne comprenne la signification extatique de la position des pieds : il est dit qu'à la Sainte-Baume, sept fois par jour, dans la prière, les anges soulevaient Marie-Madeleine de terre.