UN GEANT PARMI LES SCULPTURES DU CLOITRE SAINT-AUBIN

 

'Abbatiale Saint-Aubin, Images du patrimoine, édité par la Ville d'Angers et l'Inventaire Général

 

L'abbatiale Saint-Aubin a été établie sur le site d'une chapelle Notre-Dame-du-Verger fondée par saint Hilaire vers 356. Initialement placée, par saint Germain de Paris, sous le patronage de saint Germain d'Auxerre (d'aucuns disent de saint Etienne), elle a rapidement adopté le nom de Saint-Aubin lorsque le corps de cet évêque, mort en odeur de sainteté vers 550, y a été déposé. D'abord occupée par des chanoines, elle a été réformée en 966 par le comte d'Anjou Geoffroy Grisegonelle pour y recevoir des moines bénédictins.

A la suite d'un incendie en 1032, elle est rebâtie au Xlème siècle, puis totalement réaménagée au Xllème siècle.

Richement dotée, elle s'est trouvée à la tête d'un temporel important. Le nombre des paroisses et prieurés dédiés à saint Aubin en Anjou en témoigne encore aujourdhui.

L'église et une partie des bâtiments sont détruits à la Révolution, isolant la tour Saint-Aubin, qui faisait autrefois partie de l'ensemble.

Les vestiges les plus riches en sont la porte du réfectoire (le combat des vices et des vertus, l'agneau pascal) et les arcades de la salle capitulaire où, aux côtés d'une sirène aux poissons, et de l'histoire de Samson et des Rois Mages, le combat de David et Goliath évoquerait celui de Geoffroi Grisegonelle contre le "géant" danois Hetelvulf (ou Haustuin) sous les murs de Paris assiégé par le roi Othon : alors que nul ne pouvait vaincre ce géant en combat singulier, Geoffroi l'affronte de son propre chef, le renverse et lui coupe la tête à la plus grande joie des Parisiens qui assistent au spectacle sans en reconnaître le héros. Puis il se retire, laisse la tête du géant au meunier qui lui avait fait traverser la Seine, et s'en repart incognito. Ce n'est que plus tard, à l'assemblée de la Pentecôte, que le roi Lothaire fait venir le meunier et que celui-ci désigne le vainqueur en faisant allusion à la modeste tunique dont il est revêtu : "C'est cette grise gonelle qui a triomphé du géant. C'est ce petit David qui a tué Goliath. "